Contre le « pass sanitaire »

Pour un plan d’urgence dans l’éducation et la santé, contre le « pass sanitaire », pour l’accès universel aux soins !

Ce communiqué a été publié le 31/08/2021

C’est Blanquer qui nous rend malades !

Le « protocole » qui sera mis en place dans les écoles et les établissements à la rentrée, c’est un protocole sanitaire allégé, qui mise tout sur la vaccination des élèves et des personnels, qui considère que, quand on est vacciné·e, on n’est ni contaminable, ni contaminant·e – ce qui est totalement faux –, et qui ne tient absolument pas compte de la circulation du variant Delta, dont on connaît pourtant la contagiosité redoutable, y compris chez les enfants et les adolescent·es !

Alors que seulement 33 % des 12-17 ans étaient totalement vaccinés au 21 août, et non 55 % comme il l’indique, le ministre annonce que seuls les élèves vaccinés resteront en classe lorsqu’il y aura un cas positif, les autres devant suivre un enseignement à distance, dont on ne sait qui pourra l’assurer, puisque les profs continueront de faire cours en présentiel. Et avec la fin de la gratuité des tests en octobre, les élèves sans pass seront désormais privés de sortie scolaire. Un bel exemple d’école inclusive !

La publication de ce protocole allégé n’est donc rien de plus qu’une opération de communication :
« TOUT EST PRÊT POUR LA RENTRÉE » comme s’il suffisait de dire qu’on fait quelque chose pour le faire vraiment. Mais en fait, rien n’a été prévu, ni en termes de matériel, notamment de capteurs de CO2 et de purificateurs d’air (sans parler des sanitaires nettement insuffisants dans la plupart des établissements), ni évidemment en termes d’effectifs et de personnels. Au contraire, les écoles et établissements connaissent des saignées dans leurs moyens. Cette rentrée se fera à nouveau avec moins de personnel et encore plus d’élèves dans les classes !

Ce que nous exigeons pour nous protéger collectivement :

  • Des embauches massives de personnels éducatifs, médicaux, d’entretien, des locaux adaptés, un vrai « plan d’urgence pour l’éducation » !
  • Des masques gratuits, des tests de dépistage massifs et réguliers, du savon, du gel
  • L’accès généralisé à la vaccination libre et consentie, sans faire des personnes non-vaccinées les responsables de la crise sanitaire
  • La levée des brevets sur les vaccins à l’échelle internationale et l’accès aux soins pour toutes et tous sans aucune discrimination ! La lutte contre le virus est internationale, croire que nous pourrons vaincre la maladie sur un seul territoire est un leurre !
  • Des investissements publics massifs dans la santé, notamment pour l’hôpital public et les Ehpad

À bas le « pass sanitaire » !

On nous répète à l’envi qu’il n’y aura pas de pass sanitaire pour les élèves. On aimerait bien le croire. Reste que dans les classes de collège et de lycée où au moins un cas positif a été détecté, l’ARS (ou les personnels de direction ?) devra faire un tri parmi les élèves considéré·es comme « cas contact à risque », en fonction de leur statut vaccinal. Les élèves « évincé·es » ne peuvent revenir en classe qu’au bout de 7 jours. Nous dénonçons fermement cette mesure, qui s’apparente à la mise en place de facto d’un pass sanitaire pour les collégien·nes et les lycéen·nes.

L’atteinte aux libertés individuelle n’est pas la première des raisons de notre opposition au pass sanitaire pour les élèves comme pour les salarié-es . Non, si nous nous y opposons, c’est d’abord parce qu’il s’agit d’une mesure injuste et antisociale, dont les classes populaires seront les premières à faire les frais. Ce n’est pas aux « dernier·es de corvée » de payer au prix fort les conséquences de la gestion calamiteuse de la pandémie par ce gouvernement !

  • Nous ne sommes pas tou·tes égaux·les dans l’accès à la vaccination, démarche qui s’avère beaucoup plus compliquée pour certain·es, toujours les mêmes (habitant·es des quartiers populaires, des zones rurales ou éloignées, SDF, personnes maîtrisant mal le français ou sans accès internet…) que pour les autres
  • En rendant les tests PCR payants pour les non vacciné·es, on dégrade l’accès au dépistage pour les populations les plus précarisées, ce qui constitue une aberration en matière de santé publique et de lutte contre la pandémie
  • Le Pass sanitaire nuit gravement au droit du travail en permettant de discriminer à l’embauche ou de suspendre le salaire des salarié·e·s, en CDD ou précaires, parce qu’ils·elles ne sont pas vacciné·e·s ;
  • L’assouplissement des conditions de vaccination des mineurs de plus de 12 ans est arrivé bien trop tard pour permettre à tou·tes ceux·lles, parmi nos élèves, qui l’auraient souhaité, de se faire vacciner avant la rentrée…

Le « pass sanitaire » n’est fait ni pour nous protéger ni nous soigner

C’est la conséquence de tous les manquements de la politique gouvernementale depuis le début de la pandémie ! 80 milliards ont été donnés aux entreprises, combien à l’école, au service public, à l’hôpital ? Ce qui met en danger la santé, c’est justement la politique du gouvernement. Le Pass sanitaire, c’est une arme de division et de discrimination. Il faut exiger son retrait, comme nous exigeons l’abrogation d’autres lois anti-sociales et liberticides, sans se laisser polluer par l’extrême droite, les complotistes et les antivax !Imposons nos revendications par la grève : journée nationale dans l’Éducation le 23/9, journée interprofessionnelle le 5/10, mais comme des journées isolées ne suffiront pas, discutons de la nécessité d’un mouvement prolongé.

Et faisons-nous entendre dans la rue ! Nous pouvons gagner si nous nous en donnons les moyens !

Adressons-nous aux parents d’élèves !

 Faisons-leur part de notre refus de faire le tri entre les élèves vaccinés et ceux qui ne le sont pas, d’organiser ou d’encadrer des sorties scolaires soumises à l’obligation du Pass sanitaire ! Défendons l’idée que l’école doit rester ouverte à l’ensemble des élèves !

Portons à leur connaissance nos revendications sur les masques, les tests, les purificateurs d’air, les capteurs de C02 !

Battons-nous à leurs côtés pour des créations massives de postes de toutes les catégories de personnels, pour la réduction des effectifs par classe !